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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 14:06

 

La maturation des idées mène au-delà de la fulgurance et se nourrit de la conversation avec les autres. C'est lors de conversations quotidiennes et banales que des sujets nouveaux font surface, qu'un autre éclairage est apporté à des idées qui s'étaient figées au point de devenir des "à priori". Ainsi par exemple attablés dans le restaurant d'entreprise nous commentons nos plats. Ils sont ce qu'ils sont, sans grande saveur. Une voix nous rappelle à la raison : "nous devons nous contenter de ce que nous avons dans nos assiettes, on voit bien que nous n'avons pas connu la guerre, c'est du moins ce qu'aurait dit le grand-père.". Cette phrase n'est pas très éloignée du "ce qu'il leur faudrait, c'est une bonne guerre". Elle est propre à réveiller en moi l'anti-militarisme fondamentale, transmis par un grand-père que je n'ai pas connu et  qui refusait viscéralement le pas de l'oie et les défilés militaires du 14 juillet quand bien même il avait été médaillé de la légion d'honneur pour son comportement "héroïque" lors de la première guerre mondiale.

Il est clair que nous n'avons pas tous les mêmes grands pères.  Pour le mien, la guerre n'était en aucun cas un sujet de conversation. Et je comprends soudain que cette phrase : "on voit bien qu'ils n'ont pas connu la guerre" ne peut être formulée que par un homme repu qui a toujours connu l'opulence qui protège de la faim, sauf peut-être en temps de guerre. C'est une phrase de riche qui nie la réalité de la misère née de l'injustice sociale par laquelle une partie de la population est réduite à la famine, même en temps de paix. Et ce, aujourd'hui encore. Il s'agit là d'un paradoxe inadmissible dans notre société dite "riche" et de surproduction dont l'un des grands scandales est le gaspillage de la nourriture produite en quantité déraisonnable et le fait que beaucoup connaissent toujours l'insécurité alimentaire.

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8 juin 2019 6 08 /06 /juin /2019 22:14
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30 mai 2019 4 30 /05 /mai /2019 23:05

 

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30 mai 2019 4 30 /05 /mai /2019 23:01

Dynamiser l'espace

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26 août 2018 7 26 /08 /août /2018 22:40

Ils sont là tous les deux gisant à quelques mètres l’un de l’autre au milieu du carnage.

Il entend son râle, s’approche d’elle, écoute son souffle, lèche ses plaies, écarte les cadavres qui l’entourent.

Epuisé, il s’étend à côté d’elle, il sombre dans la nuit.

Elle revient à la conscience, est submergée par l’odeur de poudre, de déjections, de sang, l’odeur de la mort. Elle ferme les yeux. Elle perçoit une respiration inconnue, toute proche, un tressaillement. Elle s’écarte, se redresse, s’éloigne. Elle a peur.

Elle erre au milieu des champs de corps massacrés, hurle à la mort. La faim, la soif la tenaillent. Elle trouve une besace intacte, se nourrit.

Elle s’étend, sent le poids de sa solitude. Se lève à la recherche du souffle perçu à son réveil. Inquiète, elle prend la besace avec elle.

La truffe au sol, les oreilles dressées, en alerte, elle progresse dans la nuit de l’horreur. Il est là, haletant. Son œil est fiévreux, il tremble. Elle se frotte à lui, le caresse de la patte, l’enserre, le réchauffe.

Il se calme, elle le nourrit, ils s’endorment.

Le jour se lève sur le champ pestilentiel. Le ciel est bleu, le croassement des corbeaux les tire de leur nuit. Ensemble ils s’éloignent ramassant en route les besaces abandonnées.

Ils traversent un bois habité de fantômes. Il la tire, elle le pousse. Ils contournent un gouffre. Elle l’aide à avancer lorsque le vertige le saisit, il la rattrape lorsqu’elle va chuter.

Ils arrivent à une clairière. La nuit tombe, ils s’endorment. Leur sommeil est agité de cauchemars. Lorsqu’elle hurle à la mort, il pose sa patte sur elle. Lorsque ses dents claquent, elle lui lèche l’oreille.

Au matin, le ciel est bleu, le soleil brille. Ils entendent le bruissement d’une rivière, découvrent le verger qui les entoure en allant se baigner.

Ils pèchent, mangent, se regardent enfin, se contemplent et plongent l’un dans l’autre. Ils retrouvent la puissance d’avant le carnage. Entière en lui, entier en elle, ils se mêlent et s’apaisent.

Ils s’endorment après avoir conclu, dans l’acte, le pacte.

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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 14:48
Il vient un jour où les gens que l'on aime commencent à peser. Il est des jours ou les gens qui vous aiment pèsent.
Il vient un jour ou ceux que l'on aime commencent à peser. Il est des jours où ceux qui vous aiment pèsent.

En juillet 2016, Madame MMH est sortie du monde des hommes libres. Elle a perdu son autonomie et est entrée dans la catégorie des personnes âgées dépendantes. Les prémices de son déclin étaient décelables depuis plusieurs mois, peut-être 36 mois. Hésitation à prendre les transports en commun par peur de se perdre et même erreurs de trajet comme ce jour de Noël où elle avait rendez-vous avec sa nièce à la station Luxembourg sur le quai du RER B et où elle était apparue bouleversée, livide sur le quai opposé à son parcours avec un retard considérable. Crise d'angoisse à l’idée de se rendre chez sa sœur passer quelques jours de vacance et refus définitif si cette dernière, en raison d’un accident ne pouvant la recevoir chez elle, lui proposait de séjourner à l’hôtel ou chez l’habitant. Hors de question de se rendre en terre inconnue.

Le décès de la voisine qui l’accompagnait dans son quotidien et qu’elle aimait d’amitié a été fatal. Personne ne frappait plus à sa porte pour l’inviter a faire quelques courses en compagnie ou lui offrir un plat préparé avec soin. Le médecin généraliste qui suivait la vieille dame n’a pas donné l’alerte. Le déclin n'était sans doute à ses yeux que de la dégénérescence liée au grand âge et n’appelait aucun traitement particulier. C’est sa sœur qui, inquiète et excédée par les dysfonctionnements de la vieille dame,  qu'elle constatait à chacune des ses visites hebdomadaires, a orchestré les visites de dépistage pour les troubles de la mémoire. Que dire de la prise en charge médicale du grand âge et plus précisément des troubles cognitifs qui apparaissent chez certains ? Pour Madame MMH, née en avril 1931 et diagnostiquée Alzheimer en juin 2016, soit à plus de 85 ans, convient-il de parler de maladie ? La tentative de soin a été radicale. Le diagnostic énoncé sans ménagement a aggravé son état dépressif et tout laisse supposer qu’au cours des derniers jours passés à son domicile la vieille dame s’est très peu et mal nourrie. De plus, le médicament sensé retarder la perte de la mémoire a provoqué étourdissements et vertiges. Il n’en fallait pas plus pour qu’elle perde son équilibre et qu’elle chute.

La dégringolade a été grandiose. Dans l'escalier de son immeuble, le corps de Madame MMH a dévalé un étage complet, 16 marches de pierre en tourneboulant. Décisive : traumatisme crânien avec hémorragie interne et fracture multiple du bassin, Suivie d'une hospitalisation d’urgence et d'un séjour à l'hôpital, immobilisée, sans pouvoir poser pied à terre pendant près de trois mois, puis de rééducation pendant encore 3 semaines.

Désorientée

Du jour au lendemain, Madame MMH s’est retrouvée avec une mémoire de poisson rouge. Elle a remonté un peu la pente, sans que jamais, au cours des mois qui ont suivi, ne se soit laissé entrevoir la possibilité d’un retour à domicile.  Navrant, elle ne reconnaissait pas son médecin et oubliait d’un jour sur l’autre les visites reçues la veille tout en étant parfaitement présente et cohérente lors des échanges avec ses visiteurs.

Que dire de la solution alternative que ses proches ont trouvée pour elle ? Hébergement dans un Ehpad (Etablissement d’hébergement - ou hospitalier ? -  pour personnes âgées dépendantes). D’hospitalier, l’établissement n’a que le nom, et n'entretient que très peu de rapport avec l'hospitalité. Les équipes sont restreintes, les services aussi. Qui n’a jamais été témoin d’une séance de rééducation ? Un jeune kiné malmène une vieille femme qui se déplace difficilement lui parlant d’un ton si peu amène que c’en est insultant, parce qu’elle a tourné la tête tout en continuant d’avancer. Manque de compréhension de l’autre et manque de respect absolu. Et cette autre vieille femme qui a dépassé les 90 ans (92 printemps) qui, trop fatiguée pour s’alimenter, est maintenue en vie à l’aide de perfusions.

Le lieu est sinistre. Pas ou peu d’échanges entre les résidents ; agressivité du personnel soignant surmené, tristesse et dépression à tous les étages.

Chacun souffre de cette ambiance : les résidents, les soignants et les visiteurs. Madame MMH fait souvent part de la difficulté à vivre dans cet univers. Mais ses proches ne trouvent pas d’issue à cette situation. Ils ne peuvent lui proposer de la recevoir chez eux, ni d’emménager chez elle. Leur dévouement ne va pas jusque là. Ils n’ont pas l’énergie nécessaire pour chercher un établissement mieux adapté et craignent que le moindre déplacement ne crée un trouble plus grand. Alors, ils se résignent.

L’espérance de vie de Madame MMH, dans ces circonstances, est évaluée à 3 ou 5 ans. Peut aller jusqu’à 10, voire 15 ans. Car, hormis la mémoire, Madame MMH va bien. Et dans l’univers protégé, clos, quasi carcéral de l'Ehpad, les jours peuvent succéder aux jours sans fin.

 Là où la vie est absente, la survie s’éternise

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 21:25

Je le vois ... Il danse dans les airs, prend son élan, vole, concentré, le regard plongé dans les yeux de l'autre.

Sait-il seulement que j'ai retrouvé sa trace ? Sait-il que je suis là à l'observer, clouée dans un fauteuil roulant et que dans un instant le fil merveilleux, tout de tension et de confiance, va être rompu ? Parce que je vais crier son nom et qu'il se rappellera qu'un jour il m'a lâchée, pas seulement au trapèze, le salaud, mais dans la vie.

Un ratage au trapèze, cela peut arriver au meilleur des artistes, mais abandonner un partenaire blessé, c'est de la trahison ! Ma chute, j'aurais pu la lui pardonner, mais sa fuite !

S'il m'entend maintenant, s'il me voit, s'il chute, s'il meurt, c'est mon espoir que je perds. Qu'attendrais-je du jour qui vient ? Sa mort est la mienne.

Patience ! Patience ! Vivre !

Je tairai mon cri ; il ne m'entendra pas hurler son nom. Ce n'est pas sa mort que je souhaite, c'est voler que je veux, voler à nouveau,...voler en lui, si ce n'est avec lui. ... Et lui apprendre à marcher.

Mais comment ? Comment ?

Et bien … J'oserai, je le rencontrerai.

Saumur, août 2016

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 23:39

C'était il y a longtemps, mais pas si longtemps que ça, j'écrivais :

"Depuis le 1er janvier, il y a eu le 7 janvier.  Prochainement un article pour la radio en podcast et sur les peines de coeurs d'une chatte anglaise puis française"

L'article sur la radio en podcast n'a pas été écrit, le commentaire sur "Les peines de coeur d'une chatte anglaise ... " non plus. Pourtant il suffit de dire qu'il est très pratique d'écouter en podcast sur un balladeur une émission que l'on n'a pas pu suivre en direct et que "Les peines de coeur d'une chatte anglaise" est un spectacle magnifique d'Alfredo Arias et un dialogue entre les époques, les continents, les cultures, comme on les aime.

Evidemment, on pourrait développer : Les peines de coeur d'une chatte .... c'est un texte de Balzac, illustré, adapté, présenté au théâtre Gérard Philippe en 1977. La radio, la voix des ondes, dans la nuit, le travail, le temps volé...

Les jours se succèdent, les mois, les saisons, les années.

Depuis le 1er janvier 2015, il y a eu le 7 janvier et l'attentat sur Charlie Hebdo, et maintenant le 13 novembre et l'attentat sur le Stade de France et le Bataclan et les terrasses alentour.

D'un hiver à l'autre la roue tourne, je vais être grand-tante, l'horizon s'éclaircit, il s'assombrit aussi.

 

 

 

 

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 22:06

2014-12-06

Les écritures aléatoires

Traces dans le sable

Deux grands creux d’ombre : des yeux,

Un trait qui dessine un bec de canard.

Duck duck go, le moteur de recherche de mozilla,

Canard et renard contre google,

La boule qui roule.

De retour sous le danki, pour interroger le sable.

Beaucoup de cailloux, le tracé d’un chemin, les fourmis défilent.

Le marabout dit :

- « c’est le chemin de ta vie. »

Il crée le message qu’il déchiffre,

Raconte des histoires qui ne veulent rien dire,

Lance les dés, veut forcer le hasard.

Les dés sont rouges et noirs.

Tout se passe à la racine, dans le contact au sol.

Il y a combien de dés au fait ? Cinq,

Comme les cinq doigts de la main.

- « De la lumière jaillit l’obscurité. »

C’est comme cela que ça se passe :

On voit dans le noir, la lumière aveugle.

La porte se ferme, nettoyage à sec.

Commencement, la page blanche ;

Les dés sont relancés sur le sable peigné,

Le cheminement des fourmis est modifié par une brindille,

Le moteur de recherche est relancé

Enquête de marabout,

Chinois.

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 14:03

Pendant l'exposition événement  - Flamme Eternelle - de Thomas Hirschhorn au Palais de Tokyo - Paris, 2014, Marcus Steinweg tenait chaque jour une causerie pour présenter ce qu'est la réflexion philosophique. Dans l'environnement de pneus, j'ai écouté certaines de ces "conférences" , le crayon à la main. Ci dessous, un de mes dessins témoins.

 

carnet tete V4                                                                                                                                                                                                

 

 

 

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